Portrait d’entrepreneur
Agriculteur de métier et apiculteur par passion, Sébastien a su diversifier l’exploitation familiale en créant « Peau de Miel ». Entre résilience face à la météo et défis de l’entrepreneuriat, il nous livre son parcours sans filtre.
Vision globale et quotidien
Sébastien, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment vous présentez-vous aujourd’hui et quelle est votre activité principale ?
Je me présente comme agriculteur et apiculteur, créateur d’une marque de cosmétique “Peau de miel”. Pour la présenter à mes clients je profite du jeu de mots de ma marque pour présenter son identité : “Peau de Miel, mais peau comme la peau” et je montre la peau de ma main pour l’illustrer.
À quoi ressemble une journée type dans votre peau de dirigeant/entrepreneur ?
Il n’y a pas de journée type, c’est ça la particularité, ce qui définit mes tâches dans la journée c’est la météo. C’est un frein pour la prise de rendez-vous, parce que s’il fait beau et bon à travailler dehors pour l’apiculture ou l’agriculture, c’est délicat d’annuler les rendez-vous au dernier moment. C’est extrêmement compliqué lorsque le planning est très serré.
Quelles sont les principales difficultés en tant qu’apiculteur, agriculteur et entrepreneur ?
L’entrepreneuriat et la création de Peau de Miel a été un vrai défi. Ça fait bientôt 6 ans que j’ai lancé la création de la marque de cosmétique, il m’a fallu monter en compétences sur beaucoup de secteurs d’activités afin de développer la marque.
Comment est-ce que vous gérez l’équilibre entre votre vie professionnelle et personnelle ?
Je n’ai pas le temps de la gérer, c’est ça le problème.
Relation client et expérience en magasin
Comment se passe la collaboration avec les autres membres, ou les entreprises avec lesquelles vous collaborez ?
On ne collabore pas vraiment, je travaille avec des partenaires qui produisent mes cosmétiques et on s’inscrit sur un temps très long. Pour les savons, il faut généralement 4 mois entre la commande et la réception des produits. Parce que c’est de la saponification à froid et il est nécessaire que les savons reposent à froid pendant deux mois avant de les commercialiser. Ainsi il faut énormément anticiper pour faire face au rupture de stock.
Comment gérez-vous les imprévus (rupture de stock, problème de livraison) ?
Ça nous arrive parfois et c’est frustrant. Du coup, on freine les ventes en diminuant la communication mais en conséquence on ne fait pas de chiffre d’affaires sur ces produits.
Comment définissez-vous la relation client chez Peau de Miel ?
Ma principale préoccupation pour la relation client c’est de viser un développement en B2B. Je suis sans cesse à la recherche de nouveaux clients pour des coffrets cadeaux, parce qu’une entreprise qui offre le coffret une année à ses collaborateurs voudra changer l’année d’après, c’est donc dur de fidéliser.
Comment vous adaptez votre discours en fonction du client ?
Je me mets à sa portée, il y a beaucoup de pédagogie autour des abeilles. C’est un monde assez vaste et qui intéresse beaucoup, la communication autour de ce sujet est donc assez simple.
Quelles évolutions envisagez-vous pour Peau de Miel ?
De la croissance, plus ou moins long terme, notamment grâce au développement d’une nouvelle gamme comme de la crème pour le visage.
Est-ce que vous pouvez me raconter une expérience marquante avec un client ?
Oui, par exemple un client m’a découvert via un flyer sur un événement. il y a eu une publication de notre marque sur une gazette communale, et ce client m’a donc découvert le dimanche soir en parcourant la revue. Il m’a appelé le lundi matin, il était très pressé parce qu’il avait une réunion de son comité d’entreprise pour présenter des idées sur des coffrets de fête des mères. En lui parlant j’ai tout de suite ressenti au téléphone qu’avant même qu’il ait vu mes produits, la vente était déjà réalisée.
Le parcours académique
Quel a été votre parcours, par rapport à vos études ou aux formations que vous avez pu faire ?
J’ai fait une école d’agriculture, j’ai terminé avec un niveau bac pour m’installer sur une exploitation familiale en 2002. A côté de ça, j’ai toujours été très réactif et je travaillais pour d’autres entreprises. Ensuite, je suis devenu autodidacte pour la création de Peau de Miel. On a fait une formation sur mesure à domicile avec mon épouse. Ça nous a permis de brainstormer autour du projet à plusieurs. Depuis c’est en autodidacte, (notamment grâce à YouTube) et au fur et à mesure des missions que l’on doit faire que je me forme. J’ai aussi énormément progressé depuis que je suis entré dans un club d’affaires sur Paris.
Avec du recul quelle compétence apprise durant vos formations/études vous sert le plus aujourd’hui ?
Aucune de mes études pour la diversification et la création de la marque de cosmétique. En revanche, j’estime que grâce à l’école je réussis à faire des analyses de cas notamment de l’agriculture au quotidien. C’est un métier ou il faut rapidement réagir en toute circonstance comme pour ce que je disais au départ, tout est lié à la météo et quand il faut être prêt, il faut l’être.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir agriculteur puis entrepreneur ?
Devenir agriculteur n’était pas forcément une envie, c’était plus un héritage (l’exploitation c’est transmis du grand-père puis au père et enfin à moi). C’est une recherche de diversification de l’activité principale qui est l’agriculture.
Quelles qualités professionnelles faut-il avoir pour réussir à faire ce que vous faites ?
La résilience, il y a tout le temps des problèmes mais il faut toujours continuer, être persévérant et ne rien lâcher pour autant.
Expertise et conseil
Quel a été l’élément déclencheur qui vous a donné envie de créer votre entreprise ?
J’ai toujours adoré les abeilles, et au début il y avait un apiculteur qui venait tous les ans sur mon exploitation. En 2018 je lui ai parlé parce que je m’y intéressais de plus en plus et il m’a dit que lui arrêtait, et je me suis dit que c’était le moment idéal pour commencer.
Si vous deviez définir le “fil rouge » de votre carrière en un seul mot ou une seule phrase, lequel serait-ce ?
“Sur un malentendu ça peut marcher”, c’est un peu une note d’humour ! Ce qu’il faut comprendre c’est qu’en fait il ne faut pas avoir peur d’oser, ne pas se freiner et agir ! On a tout le temps des doutes mais il faut réussir à les surpasser et continuer d’avancer.
Si vous aviez le Sébastien Goiset de 20 ans en face de vous, quel conseil lui donneriez-vous pour réussir dans le monde actuel ?
De bosser plus à l’école, parce que je n’étais pas du tout scolaire.
Est-ce que vous le regrettez ?
Non, ce n’est pas un regret mais ça m’aurait permis d’aller plus vite.
Et enfin quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaiterait se lancer dans l’entrepreneuriat ?
D’être curieux et de se lever le matin parce que c’est le matin qu’on gagne sa journée.
« Sur un malentendu ça peut marcher… il ne faut pas avoir peur d’oser, ne pas se freiner et agir ! »