Christine NOVEL Marchand de bien


Vision globale et activité

Christine, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment vous présentez-vous aujourd’hui et quelle est votre activité principale ?

Je suis marchand de biens à mon compte depuis quatre ans. Contrairement à l’agent immobilier qui vend les biens des autres pour une commission, j’achète mes propres biens pour les transformer, les diviser ou les rénover, afin de dégager une marge commerciale.

Dans votre activité vous pouvez acquérir plusieurs biens en même temps ?

Absolument. L’immobilier est un cycle long. Pour maintenir une activité constante toute l’année, il faut superposer les projets : pendant qu’un chantier se termine, un autre doit être en cours d’acquisition.

Avez-vous créé une structure spécifique pour cela ?

Oui, j’ai créé ma SASU, MSDO Pro. Pour certains projets plus importants, je m’associe via des structures dédiées (SNC ou SAS) afin de partager les ressources et les risques.

À quoi ressemble une journée type ?

Elle est très variée. Le matin est souvent dédié à la veille du marché (sourcing). Ensuite, la journée bascule sur l’opérationnel : gestion des chantiers avec les artisans, démarches administratives en mairie et suivi des dossiers financiers.

Quelles sont les principales difficultés et risques de ce métier ?

C’est une profession technique et risquée. Contrairement à ce qu’on voit sur Internet, ce n’est pas de « l’argent facile ». Les sommes engagées sont lourdes, et une erreur d’urbanisme ou un chantier mal maîtrisé peut être fatal. Il faut des connaissances solides en droit et en finance.

Expertise et analyse de projet

Comment analysez-vous un bien avant de vous lancer ?

Je cherche des problèmes à résoudre. Plus un bien présente de difficultés (techniques, juridiques, division foncière) que je sais gérer, plus la marge potentielle est haute. J’analyse le prix au m² du secteur, le plan local d’urbanisme (PLU) et la demande du marché.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret ?

Pour ma première opération, j’ai acheté trois places de parking. Là où d’autres voyaient une impossibilité de construire à cause du PLU, j’ai analysé le cadastre et multiplié les déclarations préalables. Résultat : j’ai pu les boxer et réaliser une belle plus-value grâce à cette astuce juridique.

Quelles évolutions envisagez-vous pour votre entreprise ?

Je souhaite structurer mon activité en créant une holding. Cela permettra de regrouper ma société principale, mes SCI et de diversifier mes investissements hors immobilier.

Parcours académique et résilience

Quel a été votre parcours avant l’immobilier ?

Il est atypique ! J’ai commencé par la coiffure (CAP, BP) avant de réaliser mon rêve : intégrer la gendarmerie. J’y ai passé près de 20 ans. Après un passage dans les enquêtes d’assurance, j’ai décidé à 50 ans de devenir entrepreneuse pour vivre de ma passion pour l’immobilier, que je pratiquais déjà en tant qu’investisseuse.

Quelles compétences de la gendarmerie vous servent encore aujourd’hui ?

Le sens de l’observation, la psychologie et la capacité d’adaptation. Dans l’immobilier, il faut savoir mener une enquête sur un bien et comprendre l’humain lors des négociations.

Quel a été le moteur de votre reconversion ?

L’envie de ne pas avoir de regrets. Je préfère tenter et échouer que de me demander « et si ? » à 80 ans. C’est ce qui m’a poussée à quitter le confort du salariat pour le « grand saut » entrepreneurial.

Expertise et conseil

Quel est le « fil rouge » de votre carrière ?

Le contact humain. Que ce soit dans un salon de coiffure, en brigade ou sur un chantier, c’est l’échange et la compréhension de l’autre qui m’ont toujours guidée.

Si vous aviez la Christine de 20 ans en face de vous, quel conseil lui donneriez-vous ?

« Aie confiance en toi, ose, et suis ton instinct ! » Et aussi : achète un peu de Bitcoin !.

Enfin, quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui veut devenir marchand de biens ?

Formez-vous et ne restez pas seul, c’est le plus important. L’entrepreneuriat est un « roller coaster » émotionnel. Lisez Le Grand Frisson de Darren Hardy pour comprendre cette réalité et entourez-vous d’associés pour traverser les moments difficiles.

« Aie confiance en toi, ose, et suis ton instinct ! … Je préfère tenter et échouer que de me demander « et si ? » à 80 ans. »
Écrit par Léana GOISET — Discover My Job

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